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Dans un passé pas si lointain, l’Allemagne, au départ d’une Coupe du monde, était assurée d’une place de finaliste ou, au pire, d’une présence dans le dernier carré. La Nationalmannschaft chutait parfois, mais jamais de très haut. Elle était fiable comme ses berlines, magnifique d’arrogance et toujours au rendez-vous. Mais les clichés ont vécu et il faut accepter un présent dans lequel le quadruple champion du monde trébuche d’entrée pour la deuxième fois d’affilée après 2018.

Dans leur malheur, les Allemands ont fait un heureux : l’Espagne. Au sein du groupe E, le destin des deux puissances européennes était lié avant cette dernière journée. Les joueurs de Hansi Flick ont bien battu le Costa Rica (4-2), jeudi 1er décembre, à Al-Khor, lors d’un match arbitré par la Française Stéphanie Frappart – une première en Coupe du monde pour une femme. Problème, à quelques kilomètres plus au sud, dans la capitale qatarie, Doha, la Roja a trébuché contre le Japon (2-1). Avec six points, les Nippons terminent en tête, l’Espagne est deuxième devant la Nationalmannschaft en raison d’une meilleure différence de buts (+ 6, contre + 1).

Le « sauveur » espagnol s’appelle Kai Havertz. A la 70e minute, la foudre tombait sur le Vieux Continent. Malgré une domination presque indécente et face à une équipe qui n’attaque qu’à deux, l’Allemagne réalise l’exploit de concéder un second but sur une sortie ratée de son gardien, Manuel Neuer, frappé par le déclin. A 2-1, le Costa Rica est alors en huitième de finale, éliminant les Espagnols. Les Ticos ont eu trois minutes pour se pincer, pas plus, avant l’égalisation du jeune homme natif d’Aix-la-Chapelle tout juste entré en jeu. L’attaquant de Chelsea sécurise indirectement la qualification de la Roja avec un troisième but, de quoi se voir remercier par le quotidien Marca d’un « Gracias » à peine ironique.

« Danke », « merci », mais surtout « au revoir ». Un autre entrant allemand, Niclas Füllkrug ajoute un dernier but pour l’honneur dans les arrêts de jeu et donne de l’eau au moulin des nostalgiques d’un retour à un vrai numéro 9 en équipe nationale. Championne du monde en 2014 grâce à une révolution culturelle fondée sur un jeu moins direct, plus sophistiqué et très inspiré de celui de… l’Espagne, l’Allemagne produit de beaux manieurs de ballon – Sané, Gnabry, Kimmich, Gundogan, sans oublier la pépite de 19 ans, Jamal Musiala – mais ne sait plus être froide, réaliste et sans pitié. Comme le furent en leur temps Beckenbauer, Breitner, Matthäus ou, dans un passé plus récent, Hummels.

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