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FactuelLe « plan Macron » de 5 000 terrains de sport de proximité à construire d’ici aux Jeux se met très lentement en place. A l’image des « 1000 dojos solidaires » dont seuls deux ont ont été créés.

Il faut se faufiler entre les tours délabrées du quartier du Chêne-Pointu pour trouver l’entrée du « dojo solidaire » de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Au pied des blocs, pas de complexe sportif en vue, mais un centre commercial vétuste où de vieilles publicités témoignent d’un dynamisme qui n’a plus cours. Coiffeur, restauration rapide, café… Seuls sont restés les néons grésillants et les vitrines émaillées. Un local flambant neuf détonne : au milieu du centre commercial s’est installé un dojo.

Le lieu a été inauguré par le président de la République en personne, en juin. Il faut dire que ce dojo a été construit dans le cadre du « plan Macron » de financement de 5 000 équipements sportifs de proximité, lancé en octobre 2021 : il s’agit de créer, d’ici à 2024, des petites infrastructures – dont 1 000 dojos – pour renforcer et faciliter l’accès à la pratique du sport par les Français, la perspective d’accueillir les Jeux olympiques et paralympiques de Paris ayant rappelé que les inégalités sont fortes dans le pays en la matière.

Dans le cas des dojos solidaires, l’idée est de pouvoir les installer dans des rez-de-chaussée d’immeuble ou dans d’anciens locaux commerciaux, et de les animer tout au long de la journée en lien avec les acteurs sociaux locaux. « J’habite ici depuis des années. Quand on m’a dit que j’allais faire du sport au Chêne-Pointu, je n’y croyais pas ! », s’anime Laadj Tallaa, dans le dojo de Clichy-sous-Bois. La retraitée participe, ce lundi matin, à un cours de gymnastique douce. « C’est à côté de chez moi, et ça me maintient en forme. Avant, j’allais à la piscine, mais le burkini y est interdit, alors j’ai préféré arrêter. »

Dans la salle, douze seniors de la maison sport santé Maurice-Audin s’activent sous les conseils du coach Romain Belotti : « Ce sont des personnes éloignées de la pratique physique, parfois en situation de handicap. On leur propose une pratique adaptée. » A côté des retraités, Saida Hamma et David Mario Tolis ont enfilé leurs kimonos. « Je forme ma compagne afin qu’elle puisse donner des cours de self defense, explique ce dernier. Ce sera un cours adapté pour les femmes victimes de violences. »

« C’est un lieu à vocation sociale »

Ici, pas de clubs résidents, mais des créneaux confiés aux associations pour permettre aux habitants d’accéder au sport et à la culture. « C’est un lieu à vocation sociale où les activités sont axées sur la santé et l’insertion. Les seniors y font de la gym, les petits du judo, les parents sont formés au numérique », expose Jacques Favre, ancien directeur des sports de la ville de Clichy-sous-Bois, qui a longtemps porté le projet.

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