DEBROS.INFO

Exclusivement pour les hommes intelligents.

C’est la rançon du succès. Le « plan Macron » de création-rénovation de 5 000 équipements sportifs de proximité, annoncé en octobre 2021, à moins de trois ans des Jeux olympiques et paralympiques, rencontre un tel écho auprès des communes que les crédits étatiques qui y sont dévolus s’annoncent insuffisants.

C’est le message que les élus locaux viennent de faire passer au gouvernement. « Nous avons fait un point d’alerte auprès du ministère des sports et de l’Agence nationale des sports [qui gère ce projet] car le volume budgétaire programmé ne sera pas suffisant. Nous attendons la réponse », explique Vincent Saulnier, le secrétaire général de l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes).

Le « plan Macron » bénéficie de 200 millions d’euros de crédits sur 2022 et 2023. Il a été lancé parce que la préparation de l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques a rappelé une réalité : les inégalités sont fortes dans le pays dès lors qu’il s’agit d’accéder à une pratique sportive, et cela tient, entre autres, à un déficit en installations sportives – doublé d’un vieillissement prononcé du parc existant.

Selon un bilan établi début octobre par l’Agence nationale du sport (ANS), « 85 millions d’euros » ont été versés pour cofinancer (entre 50 % et 80 % du montant total) 2 089 équipements dont la vocation est d’être en libre accès, qu’il s’agisse de plateaux multisports, d’espaces de fitness, ou encore de skateparks, ou de terrains de basket de trois joueurs contre trois…

Le financement moyen est de « 40 000 euros par équipement », et « plus de 75 % » des équipements ainsi financés se situent en territoire rural. L’Andes fait valoir que la demande va augmenter car « le champ d’application de ce plan a été élargi » et que « beaucoup de collectivités vont également se mobiliser dans les mois qui viennent ».

Initialement, le dispositif était uniquement ciblé sur les territoires dits carencés, les quartiers prioritaires de la politique de la ville et les zones de revitalisation rurale. A la demande des collectivités, il sera ouvert, en 2023, « à l’ensemble des territoires ».

Une bonification « afin que ce soit moins genré »

En cette fin d’année, qui sera l’occasion d’un premier bilan du plan, l’Andes estime aussi qu’« une attention particulière » doit être portée sur deux points : la typologie des équipements qui sont co-financés par l’ANS et celle des utilisateurs.

« Dans la première vague de financements, il y a eu un effet catalogue, avec beaucoup d’équipements multisports, de type City stade, et peu d’équipements plus spécialisés [terrains de basket 3 × 3 ou de hand 4 × 4, terrains de badminton ou de padel, pumptracks pour le VTT et BMX, bassins mobiles de natation…], alors que cette spécialisation était dans l’esprit initial de ce plan. Il va donc falloir accroître cette spécialisation », relève Vincent Saulnier.

L’autre enjeu sera de faire en sorte que les équipements qui sont installés par les communes soient moins orientés vers un public masculin qu’ils ne sont actuellement. « C’est assez genré effectivement et c’est un sujet que l’on porte au sein de l’Andes », explique Vincent Saulnier.

Le constat et la demande d’une évolution sur ce sujet sont aussi partagés par l’Assemblée des départements de France où l’on rappelle que l’un des enjeux avec ces équipements de proximité est qu’ils soient accessibles au plus grand nombre, à commencer par les jeunes filles.

Une solution, avance Vincent Saulnier, pourrait consister à mettre en place « une bonification » au niveau du financement accordé par l’ANS aux futurs dossiers relatifs aux équipements de proximité « afin que ce soit moins genré ».

Share this post

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *