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Francis Joyon, 66 ans, légende d’une course, la Route du rhum, qui en produit tous les quatre ans comme Mike Birch, Philippe Poupon, Florence Arthaud, Laurent Bourgnon, Franck Cammas, Ellen MacArthur, Michel Desjoyeaux, Loïck Peyron ou encore Lionel Lemonchois. La liste n’est pas exhaustive.

En 2018, il avait battu François Gabart de sept minutes après sept jours de course lors d’une arrivée de nuit : « Quand j’ai viré dans les rochers, à 500 mètres de la ligne, c’était quitte ou double. A deux secondes près, la victoire, ou la honte, planté dans les rochers. » Sachant les conditions moins musclées qui vont favoriser les nouveaux trimarans à foils de dernière génération lors de ce nouveau départ, mercredi à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), ses chances de réitérer l’exploit de 2018 semblent plus minces. IDEC Sport, son trimaran, affiche son âge : 15 ans. C’est ce même bateau qui a porté à la victoire Franck Cammas, Loïck Peyron… et Francis Joyon, sous trois couleurs différentes. A bord, le marin a parcouru en solitaire et en équipage quelque chose comme 200 000 milles.

Il y a cinq ans, son sponsor lui propose de construire un nouveau trimaran en vue du Rhum 2018 : « Je lui ai répondu qu’en fait non, je suis bien avec mon vieux bateau. » C’est dit avec la sincérité du paysan qui ne veut pas céder sa bête, quel qu’en soit le prix. Né dans un village « qui comptait alors 232 habitants » dans l’Eure-et-Loir, Francis Joyon ne ressemble pas à son nom si sonore, lui qui parle si bas qu’on doit parfois tendre l’oreille. Aujourd’hui, l’homme en impose tant qu’il lui manquerait presque une particule.

« Artisan et paysan, ça m’aurait bien plu »

C’est vrai qu’il serait bien vu paysan : « J’avais 16-17 ans et je suis parti à vélo à la rencontre des petites communautés dans le Larzac et en Auvergne. J’étais adolescent, je pensais que je pouvais vivre en autarcie et cultiver la terre. Mais je me suis rendu compte au bout de quelques jours que mon caractère très indépendant, et quand même pas très sociable, ne pouvait se fondre dans un groupe. Mais c’est probablement là que ma sensibilité écologique a dû se développer par la suite, construire avec ce qu’on a sous la main, ne pas consommer, recycler, manger les produits du jardin », se souvient-il. Et de poursuivre : « Artisan, comme mon père, m’a aussi traversé l’esprit à cet âge-là. Artisan et paysan, ça m’aurait bien plu », dit-il, rêveur.

Le jeune Beauceron, qui a trouvé sa voie aux Glénans, commence à convoyer des bateaux. S’il est entré ensuite dans la légende comme ferrailleur des pontons, il fut de métier charpentier de marine. En 2000, remportant la Transat anglaise, dont l’arrivée était jugée à Newport, (Etats-Unis), il dira de cette voix si douce, qui sort comme un filet d’eau de ce corps si imposant : « Si ça [le milieu de la voile] devient trop professionnel, je me retirerai. »

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