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Sélection« La Matinale » vous invite au voyage. Cette semaine, immersion « in » et « off » dans la cité des Papes, à la découverte de lieux gourmands, apaisants ou méconnus, avec quelques secrets pontificaux à la clé.

LA LISTE DE LA MATINALE

Débusquer les hôtels particuliers cachés, admirer de sublimes primitifs italiens, se livrer à la lecture dans une livrée cardinalice, profiter des meilleures adresses des Halles, s’échapper à vélo sur l’île de la Barthelasse… Avignon, la preuve par cinq.

Explorer le quartier de la Banasterie

Côté face, le Palais des papes, sa place ensoleillée et sa foule. Côté pile, une arrière-scène de rues intimistes bordées de nobles demeures. Entre rocher et mur papal, l’étroite rue de la Peyrolerie mène à ce lacis urbain, jadis prisé de l’élite – Avignon fut terre pontificale jusqu’en 1791. Des bâtisses d’aristocrates ont commué en beautés résidentielles.

A voir, l’hôtel particulier Madon de Châteaublanc, au 13, rue de la Banasterie. Oiseaux, guirlandes et mascarons ornent les fenêtres, tandis que le sol de la cour, mosaïque de galets colorés, évoque la comète de Halley, observée en 1759. Au 5, rue du Four, c’est l’hôtel Galéans des Issarts. Serge Pieters et Bernard Geneau, propriétaires, ouvrent durant la saison estivale leur demeure à la visite. Logis à balustrade faîtière, escaliers à quatre volées, jardin… Les Galéans, venus d’Italie, puissante famille d’Avignon, y vécurent du XIVe au XVIIIe siècle.

Jardin (privé) d’ombre du Midi, La Divine Comédie, impasse Jean-Pierre-Gras, est un havre de paix. Cyprès et bambous, bassin de nage, chant des cigales, chambres d’hôtes de charme… Le nec plus ultra pour jouer au prélat.

Se poser dans la bibliothèque Ceccano

Rue Laboureur, cette bibliothèque municipale se déploie dans l’unique livrée cardinalice d’Avignon à n’avoir pas été entièrement remaniée. Cette libratae, le mot latin d’origine – on « livrait » jadis des îlots urbains aux cardinaux pour qu’ils construisent leurs palais –, est enchâssée entre deux ailes plus récentes. Derrière sa haute façade fortifiée s’abritent deux splendides salles de lecture, aux murs peints et aux plafonds à caissons.

La première, pièce d’apparat, expose sur ses murs les blasons d’Annibal de Ceccano, cardinal à Avignon de 1333 à 1350. Principal bâtisseur d’un palais qu’avait élaboré son prédécesseur, il eut une fin tragique, empoisonné après des intrigues de cour.

La seconde salle, au troisième étage, est plus sobre. Au fond se trouvait l’espace privé du cardinal. Au-dessus des rayonnages, on y observe, à l’angle du mur et du plafond, des représentations de pies. En toscan, pie se dit cecca, ceci explique peut-être cela… A méditer en consultant l’un des nombreux ouvrages disponibles, accessibles aux Avignonnais comme aux visiteurs de passage.

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